14 novembre 2006

L'industrie pharmaceutique vue par les consommateurs

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Les recettes miracles des laboratoires
Point de vue de consommateurs sur la responsabilité sociale des entreprises, la promotion des médicaments et l’industrie pharmaceutique en Europe
ISBN: 1-902391-69-1

Tel est le titre un tantinet provocateur d'un rapport daté de juin 2006 et publié par Consumers International.
Consumers International (CI) est une fédération d’organisations de consommateurs qui se consacre à la protection et promotion des intérêts des consommateurs dans le monde entier par l’intermédiaire de la création d’institutions, de l’éducation, de la recherche et des activités de pression exercée sur les organismes internationaux responsables des décisions. Ainsi par exemple, Que Choisir est membre de cette fédération.

Le rapport en question est accessible à partir du site de Consumers International. Une version fraçaise est disponible en téléchargement.

En particulier ce rapport examine les pratiques en matière de promotion des médicaments en République tchèque, au Danemark, en Finlande, en Grèce, en Hongrie, au Portugal et en Slovénie. Cela traduit un véritable souci d'éthique des consommateurs envers les laboratoires pharmaceutiques ou plus largement le désir d'exercer une surveillance sur la responsabilité sociale des entreprises (RSE) du médicament.
Cette notion de RSE comprend les activités commerciales au-delà de la réalisation des bénéfices, la protection de l’environnement et des travailleurs, le fait d’être éthique dans la conduite des affaires commerciales et de s’impliquer dans les communautés locale, bref, avoir un comportement responsable, au sens large du terme.

Les principaux résultats de cette étude font apparaitre :
- une transparence limitée en matière de signalement des informations relatives à la RSE
- que certaines nouvelles tactiques marketing ne sont pas dans l’intérêt des consommateurs
- que des violations des règlements et codes RSE surviennent régulièrement, montrant la faiblesse du secteur en matière d’autoréglementation

D'où les préconisations suivantes :
1) Mettre au point des indicateurs et des conseils uniformes pour le signalement RSE sur la promotion des médicaments.
2) Garantir le respect par l’industrie des codes, normes et règlements RSE existants.
3) Renforcer les codes existants à l’aide de conseils plus solides sur les tactiques de promotion des médicaments impliquant l’Internet, les groupes de patients et les campagnes de sensibilisation aux maladies.
4) Mettre en oeuvre des alternatives à un cadre purement autorégulateur pour la promotion des médicaments.
5) Dissoudre les relations voilées entre les laboratoires pharmaceutiques et les chercheurs dans le domaine de la santé.

Si vous souhaitez en savoir plus, consultez le rapport complet.

10 novembre 2006

Volterys

medium_logo_volterys.pngVolterys est un service imaginé et réalisé par le Docteur Laurent Hermoye, un chercheur belge spécialisé en IRM cérébrale, pour sensibiliser le public à l'importance de la recherche médicale, et pour faciliter le contact direct entre 2 groupes, volontaires et chercheurs, trop souvent séparés.
Le concept de Volterys est le suivant :
- d'un côté les volontaires (sain ou malades) s'inscrivent gratuitement en ligne et remplissent un profil général et médical, semi-anonyme
- d'un autre côté, les chercheurs postent des offres ou interrogent la base de données constituée par ces volontaires suivant des critères propres à leurs études.

Les coordonnées chercheur-volontaire ne sont échangées que lorsque tous deux ont marqué leur accord dans le cadre d'une étude donnée. La suite de l'expérience est gérée par le chercheur, et réglementée principalement par la Déclaration d'Helsinki et la directive européenne du 4 avril 2001.

Cette tentative de rapprochement volontaire-chercheurs et d'aducation du grand public est à saluer car bien souvent le recherche médicale n'a pas une bonne image auprès du grand public. Pourtant la médecine ne peut pas se passer de recherche médicale, la recherche médicale ne peut pas se passer des volontaires et les volontaires ne peuvent pas se passer de médecine. Nous devrions donc être dans un cercle vertueux ! Mais la réalité est toute autre : la recherche médicale souffre de l'image du cobaye et de l'expérimentation hasardeuse, pourtant rarissime. Par ailleurs, l'actualité des faits divers et les médias accordent souvent une image peu élogieuse de cette pratique de recherche médicale.
Dans ce domaine, Volterys a choisi d'être un brin provocateur, puisque c'est le terme de cobaye qui a été choisi pour désigner les volontaires. Ce choix iconoclaste place immédiatement les volontaires potentiels dans le rôle qu'ils vont devoir assumer durant l'étude clinique à laquelle ils vont participer, sans tabou et faux-fuyant, donnant peut-être ainsi moins de prises aux critiques.

Communiqué de presse

10 juillet 2006

Life Badge

medium_logo_lifebadge.jpgLa société SOS Life commercialise depuis peu en France son produit Life Badge qui se positionne comme une aide médicale électronique pour tout médecin qui, dans un contexte d'urgence médicale, permet d'orienter ses choix diagnostiques et thérapeutiques ; des choix qui peuvent dans ces moments là sauver la vie...

Ce système, qui n'est pas à confondre avec le Dossier Médical Personnel (DMP), s'apparente aux EHR (Electronic Health Records) déjà populaires aux Etats-Unis.
Il s'agit donc plus d'une page Internet, personnelle et protégée, qui est associée à une carte destinée à figurer en bonne place dans votre portefeuille, toujours portée de main en cas d'urgence. La carte fourni le code qui permet de visualiser cette page ouvrant ainsi l'accès à de nombreuses informations concernant votre état de santé, vos antécédents médicaux, etc. Vous êtes seul responsable et éditeur de ces données, de leur qualité et de leur actualisation.

La question que je me pose est de savoir quel(s) médecin(s) vont suffisamment pouvoir faire confiance à un tel système pour baser ou influencer leur diagnostique, qui plus est dans un contexte d'urgence ! D'ailleurs, bien souvent encore, l'accès internet ne pas de soit et n'est pas aisé dans un service d'urgence.
Comme aide-mémoire cependant, en particulier pour quelqu'un au passé médical chargé, et hors d'un contexte de réelle urgence vitale (une visite aux urgences ou à l'hôpital sans être en danger immédiat, consultation d'un médecin sur un lieu de vacances, ...), cela paraît être un outil pratique.
Je vois aussi une réelle utilité à fournir le nom/téléphone du médecin traitant ou de personnes capables de fournir des informations pertinentes aux services de secours.

Cependant, en France et en pleine effervescence DMP, quel est l'avenir pour ce type de produit. Une fois le DMP en place, les services d'urgence, moyennant le numéro de sécurité sociale, auront probablement accès à toutes les informations souhaitées...

07 avril 2006

Pharmaciens : nos éducateurs santé ?

Un rapport IPSOS publié aujourd'hui présente des résultats intéressant quant à l'évolution du rôle des pharmaciens.

Ainsi, l'éducation santé serait considérée, par les patients et par les pharmaciens eux-mêmes, comme une des missions naturelles des pharmaciens. Cela fait d'ailleurs déjà parti du quotidien mais devrait encore le devenir d'avantage. Ainsi, l'observance aux traitements pourrait par exemple être renforcée;
De même, la prévention et le dépistage sont considérés comme des domaines avec un fort potentiel de développement.

Les pharmaciens seront-ils cependant suffisamment disponibles pour rendre ce type de services et ont-ils une connaissance suffisante des patients, leurs clients ?

A l'heure du médecin de famille (référant unique du patient) et du dossier médical personnalisé (qui ne concerne pas les pharmaciens), les pharmaciens auront-ils les moyens pour répondre aux attentes des patients ?